🔊 Ce programme est un programme d’information par une professionnelle formée. Ce sont des conseils génériques et ce n’est pas un diagnostic personnalisé. Dans tous les cas, nous vous recommandons d’être suivie par un.e gynécologue et/ou une sage-femme pour avoir un suivi individualisé.
Ce que vous allez apprendre dans cet épisode
Soja, houblon, trèfle rouge, lin... On en trouve dans de nombreux compléments alimentaires pour la périménopause et la ménopause. Dans cet épisode, Carole Minker explique ce que sont les phytohormones, pourquoi elles peuvent aider à moduler le déséquilibre hormonal de cette période, et pourquoi elles ne conviennent pas à toutes les femmes.
Vous découvrirez :
- Ce qu'est une phytohormone, et comment elle agit dans le corps
- Les principales familles de phyto-œstrogènes et les plantes qui en contiennent
- Pourquoi elles n'agissent pas toutes de la même façon
- Les contre-indications à connaître absolument
- Ce qu'il faut savoir en cas de traitement hormonal, d'endométriose ou de fibromes
💡 Chiffres clés
D'après un article publié en 2009 dans l'American Journal of Clinical Nutrition, seules 30 à 50 % des personnes ont les bactéries intestinales capables de transformer les isoflavones du soja en équol, une molécule qui serait plus active. C'est un exemple concret de ce qu'explique Carole : l'effet des phyto-œstrogènes dépend de chaque femme, et de son microbiote.
Une phytohormone, c'est quoi ?
C'est une molécule qui vient d'une plante, ou un extrait de plante, qui a des effets modulateurs hormonaux dans l'organisme.
Pour la périménopause, Carole distingue trois catégories :
- Les phyto-œstrogènes, les plus connus ;
- Les molécules phytoprogestéroniques ;
- Les plantes régulatrices centrales, dont l'effet passe plutôt par le cerveau.
Toutes peuvent aider à moduler le déséquilibre hormonal propre à cette période. Cet épisode se concentre sur les phyto-œstrogènes.
Comment elles agissent
Les récepteurs hormonaux sont comme de petits bateaux à la surface des cellules. Quand une hormone s'y fixe, elle transmet un message, et la cellule réagit (par exemple en se multipliant).
Les phytohormones agissent sur ces récepteurs, mais pas de la même façon que nos hormones : leur effet est souvent partiel, et variable. Surtout, elles ont aussi des effets indirects, sur les enzymes, sur le transport des hormones, ou sur leur métabolisme dans l'intestin. C'est à cause de cet effet partiel sur les récepteurs qu'il existe des contre-indications.
Un effet qui dépend de chaque femme, et de chaque produit
L'effet varie d'une personne à l'autre, mais aussi selon la qualité de l'extrait, le dosage et la posologie. Deux compléments à base de houblon peuvent ne pas avoir le même effet, parce que l'extrait n'est pas fabriqué de la même manière.
Sur le marché, certains compléments pour la périménopause ou la ménopause contiennent des phytohormones (le soja, par exemple). D'autres existent en version sans, justement à cause des contre-indications.
Les phyto-œstrogènes : une grande famille
On en consomme tous les jours avec une alimentation variée, en "arc-en-ciel", et c'est très bien. Carole en a sélectionné quatre familles :
- Les isoflavones, dans le soja et le trèfle rouge (que certains considèrent même plus actif que le soja) ;
- Les coumestanes, surtout dans la luzerne, et un peu dans le trèfle rouge ;
- Les lignanes, notamment dans le lin ;
- La 8-prénylnaringénine (8-PN), dans le houblon.
Une même plante peut contenir plusieurs familles de molécules.
Du plus au moins œstrogénique
Toutes ces molécules sont beaucoup moins actives que nos propres œstrogènes. Mais on peut les classer entre elles :
- Le houblon (8-PN) est le plus œstrogénique. On l'utilise plutôt en cas de manque d'œstrogènes, par exemple à la ménopause, ou en première partie de cycle chez une femme qui a des œstrogènes très bas.
- Les lignanes du lin sont les moins œstrogéniques. Elles peuvent aider à tempérer un excès d'œstrogènes, par exemple quand la progestérone est très basse. Petit bémol : elles doivent être transformées par le microbiote intestinal pour être actives. En cas de problème de microbiote, l'effet peut être limité.
Les contre-indications
Toutes ces plantes, sauf le lin, sont contre-indiquées sous forme de compléments alimentaires dans les cas suivants.
- Contre-indications absolues : les antécédents personnels ou familiaux de cancer hormonodépendant. Côté famille, cela concerne les parents, les grands-parents, les frères et sœurs, les oncles et tantes. Même partielle, l'activation des récepteurs est trop risquée, car on ne peut pas prévoir son effet chez une femme en particulier.
- Contre-indications relatives, que Carole considère aussi comme absolues : l'endométriose et les fibromes, qui sont dépendants des œstrogènes.
- Les éventuelles interactions avec un traitement hormonal de la ménopause (THM).
Dans le doute, on s'abstient. Si l'on ne sait pas si un cancer dans la famille était hormonodépendant, on ne prend pas le risque.
Carole reste aussi prudente au-delà de la définition stricte : un cancer gynécologique fulgurant chez une arrière-grand-mère ou une grand-tante doit faire se poser la question. Les femmes qui ont eu un cancer du sein ne savent pas toujours s'il était hormonodépendant : là aussi, on évite. En cas d'antécédents, on se fait suivre par un gynécologue.
Et avec un traitement hormonal de la ménopause ?
Avant tout, il faut se demander pourquoi on voudrait en prendre. Si c'est pour des symptômes que le THM est censé soulager, il n'y a pas de raison de les ajouter. Et pour d'autres problèmes, il existe bien d'autres solutions.
Côté alimentation, pas d'inquiétude : on peut continuer à manger du tofu ou du pain aux graines de lin, de façon raisonnable, équilibrée et variée. Côté compléments, l'effet peut être nul, présent, ou interférer avec le traitement : c'est très variable.
Et en cas d'endométriose ?
Carole n'en donne jamais. Certaines femmes ressentent des bienfaits, car les phyto-œstrogènes peuvent tempérer un excès d'œstrogènes. Mais l'endométriose augmente le risque de certains cancers hormonodépendants, notamment de l'ovaire. Et on ne peut ni mesurer ni prévoir ce que ce "cocktail" de molécules œstrogéniques produit autour des cellules d'endométriose : cela pourrait freiner leur croissance, mais aussi l'encourager, voire favoriser une transformation cancéreuse.
Même raisonnement pour les fibromes, eux aussi dépendants des œstrogènes.
Il existe de nombreuses solutions naturelles sans phytohormones, qu'on peut utiliser en toute sécurité. Elles sont présentées dans les prochains épisodes.
🔎 Définitions utiles
Phytohormone : molécule produite par une plante, ou extrait de plante, qui a des effets modulateurs sur les hormones de l'organisme. Les phyto-œstrogènes en sont la famille la plus connue.
___
Récepteur hormonal : structure à la surface ou à l'intérieur d'une cellule, sur laquelle se fixe une hormone pour transmettre un message et déclencher une réaction de la cellule.
___
Cancer hormonodépendant : cancer dont la croissance est stimulée par certaines hormones, comme les œstrogènes. Certains cancers du sein, de l'utérus ou de l'ovaire en font partie.
🎯 Actions concrètes
- Avant de prendre un complément périménopause, je regarde sa composition pour savoir s'il contient des phytohormones (soja, trèfle rouge, luzerne, houblon...).
- Je fais le point sur mes antécédents : ai-je eu, ou quelqu'un dans ma famille (parents, grands-parents, frères et sœurs, oncles et tantes) a-t-il eu un cancer hormonodépendant ? Si oui, ou si je ne sais pas, je ne prends pas de compléments à base de phytohormones, sauf le lin.
- Si j'ai une endométriose ou des fibromes, j'évite aussi ces compléments.
- Si je suis sous traitement hormonal de la ménopause, je me demande d'abord pourquoi j'en voudrais. Si c'est pour des symptômes que le traitement devrait soulager, j'en parle à mon médecin plutôt que d'ajouter un complément.
- Côté alimentation, je continue à manger des aliments qui contiennent des phyto-œstrogènes (tofu, graines de lin...), de façon raisonnable et variée.
- Si je choisis le lin pour tempérer un excès d'œstrogènes, je prends aussi soin de mon microbiote, dont dépend son efficacité.
- En cas de doute, je m'abstiens, et j'en parle à mon gynécologue ou à un professionnel formé en phytothérapie.
🔊 Ce programme est un programme d’information par une professionnelle formée. Ce sont des conseils génériques et ce n’est pas un diagnostic personnalisé. Dans tous les cas, nous vous recommandons d’être suivie par un.e gynécologue et/ou une sage-femme pour avoir un suivi individualisé.
_____
⭐ La série Génération Péri, est possible grâce à la participation de Ginama, marque française sépcialisée en périménopause et ménopause. Portée par Flamme, la marque se différencie par l'absence de phytohormone et la transparence sur ses produits.
Ce que vous allez apprendre dans cet épisode
Soja, houblon, trèfle rouge, lin... On en trouve dans de nombreux compléments alimentaires pour la périménopause et la ménopause. Dans cet épisode, Carole Minker explique ce que sont les phytohormones, pourquoi elles peuvent aider à moduler le déséquilibre hormonal de cette période, et pourquoi elles ne conviennent pas à toutes les femmes.
Vous découvrirez :
- Ce qu'est une phytohormone, et comment elle agit dans le corps
- Les principales familles de phyto-œstrogènes et les plantes qui en contiennent
- Pourquoi elles n'agissent pas toutes de la même façon
- Les contre-indications à connaître absolument
- Ce qu'il faut savoir en cas de traitement hormonal, d'endométriose ou de fibromes
💡 Chiffres clés
D'après un article publié en 2009 dans l'American Journal of Clinical Nutrition, seules 30 à 50 % des personnes ont les bactéries intestinales capables de transformer les isoflavones du soja en équol, une molécule qui serait plus active. C'est un exemple concret de ce qu'explique Carole : l'effet des phyto-œstrogènes dépend de chaque femme, et de son microbiote.
Une phytohormone, c'est quoi ?
C'est une molécule qui vient d'une plante, ou un extrait de plante, qui a des effets modulateurs hormonaux dans l'organisme.
Pour la périménopause, Carole distingue trois catégories :
- Les phyto-œstrogènes, les plus connus ;
- Les molécules phytoprogestéroniques ;
- Les plantes régulatrices centrales, dont l'effet passe plutôt par le cerveau.
Toutes peuvent aider à moduler le déséquilibre hormonal propre à cette période. Cet épisode se concentre sur les phyto-œstrogènes.
Comment elles agissent
Les récepteurs hormonaux sont comme de petits bateaux à la surface des cellules. Quand une hormone s'y fixe, elle transmet un message, et la cellule réagit (par exemple en se multipliant).
Les phytohormones agissent sur ces récepteurs, mais pas de la même façon que nos hormones : leur effet est souvent partiel, et variable. Surtout, elles ont aussi des effets indirects, sur les enzymes, sur le transport des hormones, ou sur leur métabolisme dans l'intestin. C'est à cause de cet effet partiel sur les récepteurs qu'il existe des contre-indications.
Un effet qui dépend de chaque femme, et de chaque produit
L'effet varie d'une personne à l'autre, mais aussi selon la qualité de l'extrait, le dosage et la posologie. Deux compléments à base de houblon peuvent ne pas avoir le même effet, parce que l'extrait n'est pas fabriqué de la même manière.
Sur le marché, certains compléments pour la périménopause ou la ménopause contiennent des phytohormones (le soja, par exemple). D'autres existent en version sans, justement à cause des contre-indications.
Les phyto-œstrogènes : une grande famille
On en consomme tous les jours avec une alimentation variée, en "arc-en-ciel", et c'est très bien. Carole en a sélectionné quatre familles :
- Les isoflavones, dans le soja et le trèfle rouge (que certains considèrent même plus actif que le soja) ;
- Les coumestanes, surtout dans la luzerne, et un peu dans le trèfle rouge ;
- Les lignanes, notamment dans le lin ;
- La 8-prénylnaringénine (8-PN), dans le houblon.
Une même plante peut contenir plusieurs familles de molécules.
Du plus au moins œstrogénique
Toutes ces molécules sont beaucoup moins actives que nos propres œstrogènes. Mais on peut les classer entre elles :
- Le houblon (8-PN) est le plus œstrogénique. On l'utilise plutôt en cas de manque d'œstrogènes, par exemple à la ménopause, ou en première partie de cycle chez une femme qui a des œstrogènes très bas.
- Les lignanes du lin sont les moins œstrogéniques. Elles peuvent aider à tempérer un excès d'œstrogènes, par exemple quand la progestérone est très basse. Petit bémol : elles doivent être transformées par le microbiote intestinal pour être actives. En cas de problème de microbiote, l'effet peut être limité.
Les contre-indications
Toutes ces plantes, sauf le lin, sont contre-indiquées sous forme de compléments alimentaires dans les cas suivants.
- Contre-indications absolues : les antécédents personnels ou familiaux de cancer hormonodépendant. Côté famille, cela concerne les parents, les grands-parents, les frères et sœurs, les oncles et tantes. Même partielle, l'activation des récepteurs est trop risquée, car on ne peut pas prévoir son effet chez une femme en particulier.
- Contre-indications relatives, que Carole considère aussi comme absolues : l'endométriose et les fibromes, qui sont dépendants des œstrogènes.
- Les éventuelles interactions avec un traitement hormonal de la ménopause (THM).
Dans le doute, on s'abstient. Si l'on ne sait pas si un cancer dans la famille était hormonodépendant, on ne prend pas le risque.
Carole reste aussi prudente au-delà de la définition stricte : un cancer gynécologique fulgurant chez une arrière-grand-mère ou une grand-tante doit faire se poser la question. Les femmes qui ont eu un cancer du sein ne savent pas toujours s'il était hormonodépendant : là aussi, on évite. En cas d'antécédents, on se fait suivre par un gynécologue.
Et avec un traitement hormonal de la ménopause ?
Avant tout, il faut se demander pourquoi on voudrait en prendre. Si c'est pour des symptômes que le THM est censé soulager, il n'y a pas de raison de les ajouter. Et pour d'autres problèmes, il existe bien d'autres solutions.
Côté alimentation, pas d'inquiétude : on peut continuer à manger du tofu ou du pain aux graines de lin, de façon raisonnable, équilibrée et variée. Côté compléments, l'effet peut être nul, présent, ou interférer avec le traitement : c'est très variable.
Et en cas d'endométriose ?
Carole n'en donne jamais. Certaines femmes ressentent des bienfaits, car les phyto-œstrogènes peuvent tempérer un excès d'œstrogènes. Mais l'endométriose augmente le risque de certains cancers hormonodépendants, notamment de l'ovaire. Et on ne peut ni mesurer ni prévoir ce que ce "cocktail" de molécules œstrogéniques produit autour des cellules d'endométriose : cela pourrait freiner leur croissance, mais aussi l'encourager, voire favoriser une transformation cancéreuse.
Même raisonnement pour les fibromes, eux aussi dépendants des œstrogènes.
Il existe de nombreuses solutions naturelles sans phytohormones, qu'on peut utiliser en toute sécurité. Elles sont présentées dans les prochains épisodes.
🎯 Actions concrètes
- Avant de prendre un complément périménopause, je regarde sa composition pour savoir s'il contient des phytohormones (soja, trèfle rouge, luzerne, houblon...).
- Je fais le point sur mes antécédents : ai-je eu, ou quelqu'un dans ma famille (parents, grands-parents, frères et sœurs, oncles et tantes) a-t-il eu un cancer hormonodépendant ? Si oui, ou si je ne sais pas, je ne prends pas de compléments à base de phytohormones, sauf le lin.
- Si j'ai une endométriose ou des fibromes, j'évite aussi ces compléments.
- Si je suis sous traitement hormonal de la ménopause, je me demande d'abord pourquoi j'en voudrais. Si c'est pour des symptômes que le traitement devrait soulager, j'en parle à mon médecin plutôt que d'ajouter un complément.
- Côté alimentation, je continue à manger des aliments qui contiennent des phyto-œstrogènes (tofu, graines de lin...), de façon raisonnable et variée.
- Si je choisis le lin pour tempérer un excès d'œstrogènes, je prends aussi soin de mon microbiote, dont dépend son efficacité.
- En cas de doute, je m'abstiens, et j'en parle à mon gynécologue ou à un professionnel formé en phytothérapie.
.png)
.png)

.png)

