Épisode 4

Osée Ménopausée

Le syndrome génito-urinaire de la ménopause : sécheresse, infections et solutions

Odile Bagot aborde le SGUM : sécheresse vaginale et vulvaire, infections urinaires à répétition, fuites, et toutes les solutions disponibles.

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Ce que vous allez apprendre dans cet épisode

Dans cet épisode, Odile Bagot aborde un sujet encore très tabou : le syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGUM). Sécheresse vaginale, infections urinaires, fuites : vous comprendrez pourquoi ça concerne toutes les femmes, et surtout, comment en parler et s'en sortir.

  • Ce qu'est le SGUM, et pourquoi il est plus tabou encore que les bouffées de chaleur
  • La différence entre sécheresse vaginale et vulvaire, et le piège du lichen scléreux
  • Les solutions locales, médicales et mécaniques pour la sécheresse
  • Comment prévenir les infections urinaires à répétition
  • Le lien entre ménopause et fuites urinaires
💡 Chiffres clés

La prévalence officielle du syndrome génito-urinaire de la ménopause est de 27% des femmes ménopausées, mais elle serait en réalité de 50 à 70%, sous-estimée car les femmes en parlent rarement et les médecins posent peu la question.

Source : Le Quotidien du Médecin, « Syndrome génito-urinaire : jamais trop tard pour traiter ». Lien

___

Une revue Cochrane portant sur 50 essais et 8857 participantes montre que les produits à base de canneberge réduisent le risque d'infections urinaires symptomatiques d'environ 30%, avec une réduction de 26% chez les femmes souffrant d'infections récurrentes.

Source : Williams G. et al., « Canneberges dans la prévention des infections urinaires », Cochrane Library, 2023. Lien

Le SGUM, un sujet encore plus tabou que les bouffées de chaleur

Le syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGUM) est le deuxième grand pilier des troubles climatériques, après les bouffées de chaleur. Vessie, muqueuses vaginales et périnée ont tous des récepteurs aux œstrogènes : quand ceux-ci disparaissent, ces zones en souffrent, mais cela prend du temps à apparaître, contrairement aux bouffées de chaleur qui surviennent tôt. Les femmes n'osent presque jamais en parler spontanément : c'est au professionnel de santé de poser la question, de façon décomplexée.

Sécheresse vaginale : en réalité, c'est surtout vulvaire

Ce qu'on appelle "sécheresse vaginale" est ressenti surtout au niveau du vestibule, la zone entre les petites lèvres, à l'entrée du vagin (le vagin lui-même ne peut pas être "senti" comme sec). Cette sécheresse se manifeste presque uniquement au moment des rapports, rarement au quotidien, sauf en ménopause très avancée.

Attention à ne pas tout mettre sur le dos de la ménopause

Si une femme se plaint d'une sécheresse ou d'une douleur vulvaire au quotidien (pas seulement pendant les rapports), avec des démangeaisons notamment nocturnes, il ne faut pas conclure trop vite à la ménopause : il peut s'agir d'un lichen scléreux vulvaire, une maladie dermatologique peu connue mais fréquente, où les petites lèvres peuvent presque disparaître. Beaucoup de femmes sont traitées à tort avec des crèmes aux œstrogènes sans amélioration. Le traitement du lichen scléreux est une pommade à la cortisone au long cours, différent du traitement hormonal. Odile encourage les femmes à demander explicitement à leur médecin d'examiner la vulve si ce doute existe.

Les solutions pour la sécheresse

Un lubrifiant pour les rapports : normal et nécessaire, même sous traitement hormonal. Des œstrogènes locaux : crème ou capsules vaginales, crème vulvaire, qu'on peut combiner avec un baume hydratant confortable pour le quotidien. Injections d'acide hyaluronique en cas d'atrophie ou de fissures. Radiofréquence ou laser endovaginal, des options plus coûteuses nécessitant plusieurs séances.

"Le vagin ne s'use que si on ne s'en sert pas"

La stimulation mécanique régulière de la muqueuse vaginale (rapports, jeux ou jouets sexuels, seule ou en couple) participe activement à sa bonne santé, en complément des traitements aux œstrogènes. Les deux approches, médicale et mécanique, sont complémentaires : les œstrogènes seuls ne suffisent pas sans stimulation régulière.

Ça concerne toutes les femmes, tôt ou tard

Peu de femmes sont concernées en tout début de ménopause, mais au bout de quelques années, toutes les femmes le sont, de la même façon que la peau vieillit inévitablement. Certaines ne s'en plaignent pas simplement parce qu'elles n'ont plus de rapports réguliers. Les femmes qui maintiennent une activité sexuelle régulière sans hormones peuvent avoir une muqueuse en meilleur état.

Le volet urinaire : infections à répétition

La vessie se défend moins bien contre les infections à la ménopause. Le traitement de première intention, ce sont les œstrogènes par voie vaginale (la paroi vaginale est collée à la paroi vésicale, donc les œstrogènes passent aussi du côté de la vessie). Conseils de base : uriner après les rapports, bien s'hydrater, ne pas se retenir trop longtemps (mais pas uriner trop souvent non plus, au risque de créer une urgenturie), et surtout, traiter sa constipation, un facteur souvent oublié alors que les germes viennent de l'intestin.

Le volet urinaire : fuites et vessie hypersensible

La ménopause aggrave la descente d'organes (déjà favorisée par les accouchements), ce qui fragilise le sphincter de la vessie et peut causer des fuites à l'effort. La rééducation périnéale, essentielle en post-partum à titre préventif, devient nécessaire à la ménopause pour traiter des fuites déjà présentes (il n'y a "pas de perte de chance" à s'y mettre tard, juste un peu plus de travail). L'autre versant, c'est l'urgenturie : une vessie hypersensible qui donne une envie pressante d'uriner, avec un risque de fuite si les toilettes ne sont pas immédiatement accessibles.

Le cercle vicieux de la sécheresse

Sécheresse → préliminaires moins agréables → excitation moindre → moins de lubrification naturelle → rapports moins agréables → moins envie de recommencer → moins de rapports → muqueuse encore plus sèche. Casser ce cercle passe par le lubrifiant et le maintien d'une activité sexuelle régulière, seule ou en couple.

Le vagin, c'est l'inverse des piles Wonder : il ne s'use que si on ne s'en sert pas.

🔎 Définitions utiles

Syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGUM) : ensemble des symptômes vaginaux, vulvaires et urinaires liés à la carence en œstrogènes après la ménopause.

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Vestibule : zone entre les petites lèvres, juste avant l'entrée du vagin, qui est le siège réel de ce qu'on appelle communément la "sécheresse vaginale".

___

Lichen scléreux vulvaire : maladie dermatologique de la vulve, souvent confondue avec une simple sécheresse liée à la ménopause, traitée par une pommade à la cortisone au long cours.

🎯 Actions concrètes

  • Oser parler à mon gynécologue de toute gêne intime, même si c'est inconfortable à aborder
  • Utiliser un lubrifiant pour les rapports après la ménopause, sans tabou, même sous traitement hormonal
  • Si j'ai une sécheresse ou des démangeaisons vulvaires au quotidien (pas seulement pendant les rapports), demander explicitement un examen de la vulve pour écarter un lichen scléreux
  • Maintenir une stimulation régulière de la muqueuse vaginale (rapports ou seule) en complément d'un éventuel traitement local aux œstrogènes
  • Si la sécheresse est importante et provoque des fissures ou une atrophie marquée, demander à mon médecin si des injections d'acide hyaluronique, la radiofréquence ou le laser endovaginal sont des options pertinentes pour moi
  • Pour prévenir les infections urinaires : uriner après les rapports, bien m'hydrater, ne pas me retenir trop longtemps ni uriner trop souvent, et traiter ma constipation
  • Envisager un complément à base de canneberge concentrée (pas du jus) en prévention des cystites récidivantes
  • Si j'ai des fuites urinaires, envisager une rééducation périnéale, même plusieurs années après un accouchement
  • Ne pas hésiter à demander des œstrogènes par voie vaginale à mon médecin en cas d'infections urinaires répétées
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🔊 Ce programme est un programme d’information par une professionnelle formée. Ce sont des conseils génériques et ce n’est pas un diagnostic personnalisé. Dans tous les cas, nous vous recommandons d’être suivie par un.e gynécologue et/ou une sage-femme pour avoir un suivi individualisé.
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⭐ La série Osée Ménopausée est possible grâce à la participation de Puissante, marque française dédiée au bien-être et au plaisir de la femme. L'épisode 8 leur est dédié, avec la présentation de leur fameux Coco et aussi de tous leurs produits dédiés à la santé intime.

Ce que vous allez apprendre dans cet épisode

Dans cet épisode, Odile Bagot aborde un sujet encore très tabou : le syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGUM). Sécheresse vaginale, infections urinaires, fuites : vous comprendrez pourquoi ça concerne toutes les femmes, et surtout, comment en parler et s'en sortir.

  • Ce qu'est le SGUM, et pourquoi il est plus tabou encore que les bouffées de chaleur
  • La différence entre sécheresse vaginale et vulvaire, et le piège du lichen scléreux
  • Les solutions locales, médicales et mécaniques pour la sécheresse
  • Comment prévenir les infections urinaires à répétition
  • Le lien entre ménopause et fuites urinaires
💡 Chiffres clés

La prévalence officielle du syndrome génito-urinaire de la ménopause est de 27% des femmes ménopausées, mais elle serait en réalité de 50 à 70%, sous-estimée car les femmes en parlent rarement et les médecins posent peu la question.

Source : Le Quotidien du Médecin, « Syndrome génito-urinaire : jamais trop tard pour traiter ». Lien

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Une revue Cochrane portant sur 50 essais et 8857 participantes montre que les produits à base de canneberge réduisent le risque d'infections urinaires symptomatiques d'environ 30%, avec une réduction de 26% chez les femmes souffrant d'infections récurrentes.

Source : Williams G. et al., « Canneberges dans la prévention des infections urinaires », Cochrane Library, 2023. Lien

Le SGUM, un sujet encore plus tabou que les bouffées de chaleur

Le syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGUM) est le deuxième grand pilier des troubles climatériques, après les bouffées de chaleur. Vessie, muqueuses vaginales et périnée ont tous des récepteurs aux œstrogènes : quand ceux-ci disparaissent, ces zones en souffrent, mais cela prend du temps à apparaître, contrairement aux bouffées de chaleur qui surviennent tôt. Les femmes n'osent presque jamais en parler spontanément : c'est au professionnel de santé de poser la question, de façon décomplexée.

Sécheresse vaginale : en réalité, c'est surtout vulvaire

Ce qu'on appelle "sécheresse vaginale" est ressenti surtout au niveau du vestibule, la zone entre les petites lèvres, à l'entrée du vagin (le vagin lui-même ne peut pas être "senti" comme sec). Cette sécheresse se manifeste presque uniquement au moment des rapports, rarement au quotidien, sauf en ménopause très avancée.

Attention à ne pas tout mettre sur le dos de la ménopause

Si une femme se plaint d'une sécheresse ou d'une douleur vulvaire au quotidien (pas seulement pendant les rapports), avec des démangeaisons notamment nocturnes, il ne faut pas conclure trop vite à la ménopause : il peut s'agir d'un lichen scléreux vulvaire, une maladie dermatologique peu connue mais fréquente, où les petites lèvres peuvent presque disparaître. Beaucoup de femmes sont traitées à tort avec des crèmes aux œstrogènes sans amélioration. Le traitement du lichen scléreux est une pommade à la cortisone au long cours, différent du traitement hormonal. Odile encourage les femmes à demander explicitement à leur médecin d'examiner la vulve si ce doute existe.

Les solutions pour la sécheresse

Un lubrifiant pour les rapports : normal et nécessaire, même sous traitement hormonal. Des œstrogènes locaux : crème ou capsules vaginales, crème vulvaire, qu'on peut combiner avec un baume hydratant confortable pour le quotidien. Injections d'acide hyaluronique en cas d'atrophie ou de fissures. Radiofréquence ou laser endovaginal, des options plus coûteuses nécessitant plusieurs séances.

"Le vagin ne s'use que si on ne s'en sert pas"

La stimulation mécanique régulière de la muqueuse vaginale (rapports, jeux ou jouets sexuels, seule ou en couple) participe activement à sa bonne santé, en complément des traitements aux œstrogènes. Les deux approches, médicale et mécanique, sont complémentaires : les œstrogènes seuls ne suffisent pas sans stimulation régulière.

Ça concerne toutes les femmes, tôt ou tard

Peu de femmes sont concernées en tout début de ménopause, mais au bout de quelques années, toutes les femmes le sont, de la même façon que la peau vieillit inévitablement. Certaines ne s'en plaignent pas simplement parce qu'elles n'ont plus de rapports réguliers. Les femmes qui maintiennent une activité sexuelle régulière sans hormones peuvent avoir une muqueuse en meilleur état.

Le volet urinaire : infections à répétition

La vessie se défend moins bien contre les infections à la ménopause. Le traitement de première intention, ce sont les œstrogènes par voie vaginale (la paroi vaginale est collée à la paroi vésicale, donc les œstrogènes passent aussi du côté de la vessie). Conseils de base : uriner après les rapports, bien s'hydrater, ne pas se retenir trop longtemps (mais pas uriner trop souvent non plus, au risque de créer une urgenturie), et surtout, traiter sa constipation, un facteur souvent oublié alors que les germes viennent de l'intestin.

Le volet urinaire : fuites et vessie hypersensible

La ménopause aggrave la descente d'organes (déjà favorisée par les accouchements), ce qui fragilise le sphincter de la vessie et peut causer des fuites à l'effort. La rééducation périnéale, essentielle en post-partum à titre préventif, devient nécessaire à la ménopause pour traiter des fuites déjà présentes (il n'y a "pas de perte de chance" à s'y mettre tard, juste un peu plus de travail). L'autre versant, c'est l'urgenturie : une vessie hypersensible qui donne une envie pressante d'uriner, avec un risque de fuite si les toilettes ne sont pas immédiatement accessibles.

Le cercle vicieux de la sécheresse

Sécheresse → préliminaires moins agréables → excitation moindre → moins de lubrification naturelle → rapports moins agréables → moins envie de recommencer → moins de rapports → muqueuse encore plus sèche. Casser ce cercle passe par le lubrifiant et le maintien d'une activité sexuelle régulière, seule ou en couple.

Le vagin, c'est l'inverse des piles Wonder : il ne s'use que si on ne s'en sert pas.

🔎 Définitions utiles

Syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGUM) : ensemble des symptômes vaginaux, vulvaires et urinaires liés à la carence en œstrogènes après la ménopause.

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Vestibule : zone entre les petites lèvres, juste avant l'entrée du vagin, qui est le siège réel de ce qu'on appelle communément la "sécheresse vaginale".

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Lichen scléreux vulvaire : maladie dermatologique de la vulve, souvent confondue avec une simple sécheresse liée à la ménopause, traitée par une pommade à la cortisone au long cours.

🎯 Actions concrètes

  • Oser parler à mon gynécologue de toute gêne intime, même si c'est inconfortable à aborder
  • Utiliser un lubrifiant pour les rapports après la ménopause, sans tabou, même sous traitement hormonal
  • Si j'ai une sécheresse ou des démangeaisons vulvaires au quotidien (pas seulement pendant les rapports), demander explicitement un examen de la vulve pour écarter un lichen scléreux
  • Maintenir une stimulation régulière de la muqueuse vaginale (rapports ou seule) en complément d'un éventuel traitement local aux œstrogènes
  • Si la sécheresse est importante et provoque des fissures ou une atrophie marquée, demander à mon médecin si des injections d'acide hyaluronique, la radiofréquence ou le laser endovaginal sont des options pertinentes pour moi
  • Pour prévenir les infections urinaires : uriner après les rapports, bien m'hydrater, ne pas me retenir trop longtemps ni uriner trop souvent, et traiter ma constipation
  • Envisager un complément à base de canneberge concentrée (pas du jus) en prévention des cystites récidivantes
  • Si j'ai des fuites urinaires, envisager une rééducation périnéale, même plusieurs années après un accouchement
  • Ne pas hésiter à demander des œstrogènes par voie vaginale à mon médecin en cas d'infections urinaires répétées