Épisode 2

Osée Ménopausée

La périménopause : la transition ménopausique enfin expliquée

Odile Bagot démêle la périménopause : les deux états hormonaux qui alternent, les règles abondantes, la contraception, et pourquoi tout n'est pas hormonal.

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Ce que vous allez apprendre dans cet épisode

Dans cet épisode, Odile Bagot démêle un terme mal compris et souvent mal utilisé : la périménopause, qu'elle préfère appeler transition ménopausique. Vous comprendrez pourquoi cette période est parfois plus difficile à vivre que la ménopause elle-même, et comment bien vous faire accompagner.

  • La différence entre périménopause, préménopause et transition ménopausique
  • Les deux états hormonaux opposés qui alternent pendant cette période
  • Pourquoi les règles deviennent plus abondantes, et les solutions qui existent
  • Grossesse et contraception : ce qu'il faut savoir à cet âge
  • Pourquoi il ne faut pas tout attribuer aux hormones
💡 Chiffres clés

La transition ménopausique dure généralement de 4 à 8 ans avant les dernières règles.

Source : Manuel MSD, édition professionnelle, section Gynécologie et obstétrique - Ménopause. Lien

___

Les fibromes utérins concernent jusqu'à 70% des femmes après 45 ans.

Source : deuxiemeavis.fr, citant les données Santé publique France et une étude publiée dans ScienceDirect. Lien

On démêle les mots : périménopause, préménopause, transition ménopausique

Ces termes sont souvent confondus. Aujourd'hui, de nombreux professionnels préfèrent parler de transition ménopausique : une période qui dure en moyenne 5 ans (entre 3 et 8 ans selon les femmes), et qui débute en moyenne vers 45-46 ans. Cette transition inclut la fameuse dernière année sans règles, qu'on ne peut identifier comme telle qu'après coup.

Les deux états hormonaux qui alternent

C'est la clé pour comprendre cette période : elle n'est pas linéaire, elle alterne entre deux états hormonaux opposés. En début de transition, la progestérone chute trop tôt après l'ovulation, ce qui crée un état d'hyperœstrogénie relative : cycles plus courts, règles plus abondantes, tension des seins, rétention d'eau, syndrome prémenstruel accentué. Plus tard dans la transition, des phases de 2-3 mois sans règles apparaissent, avec un état d'hypoœstrogénie, comme à la ménopause : bouffées de chaleur, irritabilité, parfois une phase dépressive. Puis les règles peuvent revenir. C'est justement cette alternance qui rend la période difficile à traiter : il n'existe pas un traitement unique pour toute la transition, tout doit être adapté au cas par cas. Donner un traitement hormonal de la ménopause pendant une phase sans règles est risqué : si les hormones de la femme se remettent à fonctionner, on se retrouve en surdosage.

Pourquoi les règles deviennent plus abondantes

Trois phénomènes se cumulent : le manque de progestérone qui empêche l'endomètre de se préparer correctement, des règles plus rapprochées (toutes les 3 semaines plutôt que 4), et le développement de fibromes utérins, qui touchent une grande partie des utérus après 40 ans. Si les règles deviennent trop abondantes, ce n'est pas à minimiser : il faut consulter.

Une solution pour les règles hémorragiques

Le stérilet à la progestérone est présenté comme une solution "élégante et bien supportée" : il respecte le cycle naturel (la femme continue à ovuler, son équilibre hormonal propre n'est pas modifié), mais il amincit l'endomètre au point de réduire fortement, voire stopper, les saignements.

Grossesse et contraception : ce qu'il faut savoir

Une grossesse reste possible pendant la transition, même si les chances sont minces et qu'aucune technique de PMA n'est efficace à ce stade (les ovocytes ne sont plus assez fécondables).

Si une grossesse n'est pas souhaitée, une contraception reste donc nécessaire.

Le choix doit être adapté : un stérilet au cuivre est déconseillé (il peut aggraver les saignements), et le risque vasculaire (infarctus, AVC) augmentant avec l'âge, la pilule doit être reconsidérée au cas par cas avec son professionnel de santé.

Attention à la simplification excessive

Odile est catégorique : attribuer systématiquement tout mal-être entre 40 et 50 ans aux hormones n'est pas juste, en particulier quand une femme a encore des règles régulières (donc pas de déséquilibre hormonal). Elle invite à toujours chercher d'abord une explication précise (saignements → traiter la cause ; phase dépressive → regarder le contexte de vie) plutôt qu'une explication unique et simpliste.

L'écoute avant tout : transfert et contre-transfert

Odile évoque un principe de psychanalyse essentiel dans sa pratique : le contre-transfert, quand un soignant en difficulté personnelle renvoie de la négativité à sa patiente au lieu de l'aider. Elle insiste sur l'importance, pour tout professionnel de santé, de faire un travail sur soi pour rester à l'écoute, y compris quand la patiente arrive avec des informations glanées sur les réseaux sociaux : il ne s'agit pas de la contredire, mais de faire le tri avec elle.

Une approche de santé intégrative

Odile prône une santé intégrative : le meilleur de la médecine conventionnelle (dont les médicaments quand ils sont nécessaires), le meilleur des médecines complémentaires (acupuncture, homéopathie, phytothérapie, nutrithérapie, compléments alimentaires, hypnose), et la prise en compte de la patiente elle-même et de son environnement. Sur les troubles de l'humeur, elle cite par exemple le safran, décrit comme un antidépresseur naturel, en rappelant la prudence nécessaire avec le millepertuis à cause de ses interactions médicamenteuses.

Sur les preuves scientifiques des compléments alimentaires

Odile explique que l'absence de grandes études randomisées en double aveugle ne veut pas dire absence de valeur : l'Evidence-Based Medicine (médecine basée sur les preuves) inclut aussi l'expérience du praticien et celle du patient. Elle partage un suivi personnel de patientes sous complément alimentaire (questionnaires à J0, J30, J60) : 80% des femmes suivies allaient mieux, avec 80% des symptômes améliorés, tout en reconnaissant qu'une part d'effet placebo est probable.

On ne traite pas des statistiques, on traite des patientes.

🔎 Définitions utiles

Transition ménopausique : période de 4 à 8 ans en moyenne qui précède la ménopause, caractérisée par une alternance entre hyperœstrogénie relative et hypoœstrogénie temporaire.

___

Stérilet à la progestérone : dispositif intra-utérin qui amincit l'endomètre pour réduire les saignements, sans interférer avec le cycle hormonal naturel de la femme.

___

Contre-transfert : concept de psychanalyse désignant la réaction émotionnelle (parfois négative) du soignant face à son patient, à distinguer du travail sur soi nécessaire pour ne pas nuire à la relation thérapeutique.

🎯 Actions concrètes

  • Si mes règles deviennent trop abondantes ou rapprochées, consulter mon gynécologue plutôt que d'attendre
  • Discuter avec mon professionnel de santé d'une solution adaptée si mes règles sont hémorragiques (comme le stérilet à la progestérone)
  • Ne pas arrêter ma contraception sans en parler à mon médecin, même en cas d'absence de règles depuis quelques mois
  • Éviter le stérilet au cuivre si mes règles sont déjà abondantes pendant cette période
  • Ne pas systématiquement attribuer mon mal-être aux hormones : en parler pour identifier la vraie cause
  • Envisager un accompagnement psychologique si la période est difficile (des dispositifs remboursés existent)
  • Parler à mon médecin de tout complément alimentaire pris, à cause des risques d'interaction
  • Prendre soin de mon hygiène de vie dès maintenant (alimentation, activité physique, gestion du stress et du sommeil)
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🔊 Ce programme est un programme d’information par une professionnelle formée. Ce sont des conseils génériques et ce n’est pas un diagnostic personnalisé. Dans tous les cas, nous vous recommandons d’être suivie par un.e gynécologue et/ou une sage-femme pour avoir un suivi individualisé.
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⭐ La série Osée Ménopausée est possible grâce à la participation de Puissante, marque française dédiée au bien-être et au plaisir de la femme. L'épisode 8 leur est dédié, avec la présentation de leur fameux Coco et aussi de tous leurs produits dédiés à la santé intime.

Ce que vous allez apprendre dans cet épisode

Dans cet épisode, Odile Bagot démêle un terme mal compris et souvent mal utilisé : la périménopause, qu'elle préfère appeler transition ménopausique. Vous comprendrez pourquoi cette période est parfois plus difficile à vivre que la ménopause elle-même, et comment bien vous faire accompagner.

  • La différence entre périménopause, préménopause et transition ménopausique
  • Les deux états hormonaux opposés qui alternent pendant cette période
  • Pourquoi les règles deviennent plus abondantes, et les solutions qui existent
  • Grossesse et contraception : ce qu'il faut savoir à cet âge
  • Pourquoi il ne faut pas tout attribuer aux hormones
💡 Chiffres clés

La transition ménopausique dure généralement de 4 à 8 ans avant les dernières règles.

Source : Manuel MSD, édition professionnelle, section Gynécologie et obstétrique - Ménopause. Lien

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Les fibromes utérins concernent jusqu'à 70% des femmes après 45 ans.

Source : deuxiemeavis.fr, citant les données Santé publique France et une étude publiée dans ScienceDirect. Lien

On démêle les mots : périménopause, préménopause, transition ménopausique

Ces termes sont souvent confondus. Aujourd'hui, de nombreux professionnels préfèrent parler de transition ménopausique : une période qui dure en moyenne 5 ans (entre 3 et 8 ans selon les femmes), et qui débute en moyenne vers 45-46 ans. Cette transition inclut la fameuse dernière année sans règles, qu'on ne peut identifier comme telle qu'après coup.

Les deux états hormonaux qui alternent

C'est la clé pour comprendre cette période : elle n'est pas linéaire, elle alterne entre deux états hormonaux opposés. En début de transition, la progestérone chute trop tôt après l'ovulation, ce qui crée un état d'hyperœstrogénie relative : cycles plus courts, règles plus abondantes, tension des seins, rétention d'eau, syndrome prémenstruel accentué. Plus tard dans la transition, des phases de 2-3 mois sans règles apparaissent, avec un état d'hypoœstrogénie, comme à la ménopause : bouffées de chaleur, irritabilité, parfois une phase dépressive. Puis les règles peuvent revenir. C'est justement cette alternance qui rend la période difficile à traiter : il n'existe pas un traitement unique pour toute la transition, tout doit être adapté au cas par cas. Donner un traitement hormonal de la ménopause pendant une phase sans règles est risqué : si les hormones de la femme se remettent à fonctionner, on se retrouve en surdosage.

Pourquoi les règles deviennent plus abondantes

Trois phénomènes se cumulent : le manque de progestérone qui empêche l'endomètre de se préparer correctement, des règles plus rapprochées (toutes les 3 semaines plutôt que 4), et le développement de fibromes utérins, qui touchent une grande partie des utérus après 40 ans. Si les règles deviennent trop abondantes, ce n'est pas à minimiser : il faut consulter.

Une solution pour les règles hémorragiques

Le stérilet à la progestérone est présenté comme une solution "élégante et bien supportée" : il respecte le cycle naturel (la femme continue à ovuler, son équilibre hormonal propre n'est pas modifié), mais il amincit l'endomètre au point de réduire fortement, voire stopper, les saignements.

Grossesse et contraception : ce qu'il faut savoir

Une grossesse reste possible pendant la transition, même si les chances sont minces et qu'aucune technique de PMA n'est efficace à ce stade (les ovocytes ne sont plus assez fécondables).

Si une grossesse n'est pas souhaitée, une contraception reste donc nécessaire.

Le choix doit être adapté : un stérilet au cuivre est déconseillé (il peut aggraver les saignements), et le risque vasculaire (infarctus, AVC) augmentant avec l'âge, la pilule doit être reconsidérée au cas par cas avec son professionnel de santé.

Attention à la simplification excessive

Odile est catégorique : attribuer systématiquement tout mal-être entre 40 et 50 ans aux hormones n'est pas juste, en particulier quand une femme a encore des règles régulières (donc pas de déséquilibre hormonal). Elle invite à toujours chercher d'abord une explication précise (saignements → traiter la cause ; phase dépressive → regarder le contexte de vie) plutôt qu'une explication unique et simpliste.

L'écoute avant tout : transfert et contre-transfert

Odile évoque un principe de psychanalyse essentiel dans sa pratique : le contre-transfert, quand un soignant en difficulté personnelle renvoie de la négativité à sa patiente au lieu de l'aider. Elle insiste sur l'importance, pour tout professionnel de santé, de faire un travail sur soi pour rester à l'écoute, y compris quand la patiente arrive avec des informations glanées sur les réseaux sociaux : il ne s'agit pas de la contredire, mais de faire le tri avec elle.

Une approche de santé intégrative

Odile prône une santé intégrative : le meilleur de la médecine conventionnelle (dont les médicaments quand ils sont nécessaires), le meilleur des médecines complémentaires (acupuncture, homéopathie, phytothérapie, nutrithérapie, compléments alimentaires, hypnose), et la prise en compte de la patiente elle-même et de son environnement. Sur les troubles de l'humeur, elle cite par exemple le safran, décrit comme un antidépresseur naturel, en rappelant la prudence nécessaire avec le millepertuis à cause de ses interactions médicamenteuses.

Sur les preuves scientifiques des compléments alimentaires

Odile explique que l'absence de grandes études randomisées en double aveugle ne veut pas dire absence de valeur : l'Evidence-Based Medicine (médecine basée sur les preuves) inclut aussi l'expérience du praticien et celle du patient. Elle partage un suivi personnel de patientes sous complément alimentaire (questionnaires à J0, J30, J60) : 80% des femmes suivies allaient mieux, avec 80% des symptômes améliorés, tout en reconnaissant qu'une part d'effet placebo est probable.

On ne traite pas des statistiques, on traite des patientes.

🔎 Définitions utiles

Transition ménopausique : période de 4 à 8 ans en moyenne qui précède la ménopause, caractérisée par une alternance entre hyperœstrogénie relative et hypoœstrogénie temporaire.

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Stérilet à la progestérone : dispositif intra-utérin qui amincit l'endomètre pour réduire les saignements, sans interférer avec le cycle hormonal naturel de la femme.

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Contre-transfert : concept de psychanalyse désignant la réaction émotionnelle (parfois négative) du soignant face à son patient, à distinguer du travail sur soi nécessaire pour ne pas nuire à la relation thérapeutique.

🎯 Actions concrètes

  • Si mes règles deviennent trop abondantes ou rapprochées, consulter mon gynécologue plutôt que d'attendre
  • Discuter avec mon professionnel de santé d'une solution adaptée si mes règles sont hémorragiques (comme le stérilet à la progestérone)
  • Ne pas arrêter ma contraception sans en parler à mon médecin, même en cas d'absence de règles depuis quelques mois
  • Éviter le stérilet au cuivre si mes règles sont déjà abondantes pendant cette période
  • Ne pas systématiquement attribuer mon mal-être aux hormones : en parler pour identifier la vraie cause
  • Envisager un accompagnement psychologique si la période est difficile (des dispositifs remboursés existent)
  • Parler à mon médecin de tout complément alimentaire pris, à cause des risques d'interaction
  • Prendre soin de mon hygiène de vie dès maintenant (alimentation, activité physique, gestion du stress et du sommeil)