Mycose vaginale et transmission : ce qui est vrai, ce qui est faux
Une mycose vaginale après un rapport ne signifie pas que votre partenaire vous l'a transmise. Découvrez pourquoi la mycose n'est pas une MST, ce qui peut vraiment la déclencher, et comment déconstruire les idées reçues qui génèrent tant de culpabilité inutile.


Melisande
Fondatrice de Reflet 🫶
Publié le27.06.2026
Modifié le30.06.2026
Non, la mycose vaginale n'est pas une MST
C'est l'une des premières questions qui traversent l'esprit face à une mycose vaginale, surtout si elle apparaît après un rapport sexuel : est-ce que mon partenaire m'a transmis quelque chose ? Est-ce que je risque de le transmettre à mon tour ? Beaucoup de femmes vivent un vrai moment de honte ou de suspicion autour de cette question, souvent pour rien.
Delphine Guilloux, naturopathe spécialisée dans les troubles intimes féminins (plus de 2 000 patientes accompagnées en 8 ans), répond à cette question avec une clarté qui mérite d'être largement diffusée : la mycose vaginale n'est pas une infection sexuellement transmissible. Voilà ce qu'il faut vraiment comprendre sur sa transmission.
C'est le point le plus important et le plus mal compris. Contrairement à une infection sexuellement transmissible, la mycose vaginale n'est pas causée par la transmission d'un pathogène extérieur lors d'un rapport.
Pourquoi ? Parce que le candida albicans, le champignon responsable de la grande majorité des mycoses, fait naturellement partie de la flore vaginale de toutes les femmes. On en est toutes porteuses, comme on est toutes porteuses de bactéries et même de certains virus dans une proportion normale et équilibrée. Une mycose survient quand ce champignon, normalement présent en petite quantité, se développe de façon anormale à cause d'un déséquilibre.
Ce déséquilibre n'a donc rien à voir, structurellement, avec ce qu'on appelle une transmission au sens d'une MST.
Alors pourquoi une mycose apparaît parfois après un rapport ?
C'est là que la nuance devient importante, et c'est sans doute la source de la confusion. Un rapport sexuel, surtout avec un nouveau partenaire ou un premier partenaire, peut être un élément déclencheur. Mais déclencheur n'est pas synonyme de cause ni de responsabilité.
Voici le mécanisme concret expliqué par Delphine Guilloux : lors d'un rapport, tu rencontres une flore étrangère (celle de ton partenaire). Même si cette flore est tout à fait normale et saine en elle-même, ton organisme doit composer avec cette rencontre. Si ta flore vaginale était déjà fragilisée ou déséquilibrée avant ce rapport, cette rencontre peut suffire à faire basculer la situation et déclencher une mycose.
Autrement dit : le déséquilibre préexistait. Le rapport n'a fait que révéler ou accélérer quelque chose qui était déjà en train de se mettre en place.
Le partenaire est-il responsable ?
Concrètement, non, pas au sens d'une transmission. Mais il y a deux nuances à connaître.
Les hommes peuvent avoir une mycose, mais différemment
Un homme peut effectivement développer une mycose, généralement transmise par sa partenaire ou contractée dans un environnement propice (par exemple une piscine). Mais la dynamique est radicalement différente : chez l'homme, les symptômes (rougeurs, irritations) sont visibles rapidement, et une crème suffit généralement à régler le problème en 2-3 jours.
Pourquoi cette différence ? Le candida albicans se développe particulièrement bien dans un milieu chaud et humide, ce qui correspond à l'environnement vaginal mais pas à l'anatomie masculine. Chez l'homme, le champignon n'a donc pas d'intérêt particulier à s'installer durablement. C'est pour cette raison qu'un homme ne développe pas de mycoses chroniques.
Que faire si tu suspectes que ton partenaire a une mycose ?
Si tu as des mycoses récurrentes et que tu te demandes si ton partenaire pourrait être impliqué, la bonne approche n'est pas l'accusation, mais l'observation factuelle : regarde s'il présente lui-même des signes (rougeurs, irritation). Si c'est le cas, qu'il se traite en parallèle est une bonne précaution. Mais cela ne change rien au fait que le terrain déséquilibré reste le facteur principal côté féminin, et qu'un rapport sexuel n'est jamais "responsable" d'une mycose chronique au sens causal.
Les autres voies de "transmission" ou de contraction, en réalité
Au-delà du rapport sexuel, certains environnements ou situations sont régulièrement évoqués comme favorisant l'apparition d'une mycose. Voici ce qui est vrai et ce qui relève davantage du favorisant que du transmetteur direct.
La piscine
Les piscines (notamment traitées au chlore) peuvent déséquilibrer la flore vaginale en cas d'exposition prolongée. Ce n'est pas tant une "transmission" qu'un effet déséquilibrant direct sur le pH et la flore. Une exposition courte (quelques minutes) pose rarement problème. Une exposition prolongée, en revanche, peut être un facteur favorisant chez les femmes déjà sujettes aux mycoses.
Les antibiotiques
Ce n'est pas une transmission, mais c'est l'un des facteurs déclencheurs les plus documentés et les plus fréquents. Les antibiotiques détruisent une partie de la flore bactérienne protectrice, ce qui laisse le champ libre au développement du candida albicans. C'est une réalité physiologique reconnue, pas une croyance populaire.
Le stérilet
Un facteur aggravant méconnu : le fil du stérilet (en cuivre ou hormonal, peu importe) peut servir de support physique au développement du candida albicans et de bactéries. Ce n'est évidemment pas une "transmission", mais c'est un facteur mécanique réel qui explique pourquoi certaines femmes avec un stérilet développent des mycoses récidivantes liées spécifiquement à ce dispositif.
Pourquoi cette idée de "transmission" est si répandue (et pourquoi ça compte de la déconstruire)
L'idée que la mycose serait liée à une transmission, presque comme une MST, génère un poids émotionnel important et souvent injustifié. Beaucoup de femmes décrivent un sentiment de honte, parfois même un soupçon envers leur partenaire qui peut fragiliser la relation, alors que la réalité physiologique ne le justifie pas.
Comprendre que la mycose est avant tout l'expression d'un déséquilibre interne, et non la conséquence d'un rapport "contaminant", change complètement le rapport émotionnel à la situation. Ça permet de se concentrer sur les vraies causes (hormonales, digestives, alimentaires, liées au stress) plutôt que sur une fausse piste relationnelle.
Pour comprendre en détail tous les facteurs qui expliquent une mycose récidivante, et l'approche naturopathique complète pour s'en sortir, l'épisode vidéo intégral avec Delphine Guilloux est disponible ici : Mycoses vaginales : le traitement naturel expliqué par une naturopathe experte.
Ce qu'on retient
- La mycose vaginale n'est pas une infection sexuellement transmissible
- Le candida albicans fait naturellement partie de la flore vaginale de toutes les femmes
- Un rapport sexuel, surtout avec un nouveau partenaire, peut être un élément déclencheur sur un terrain déjà déséquilibré, jamais une cause en soi
- Les hommes ne développent pas de mycoses chroniques, contrairement aux femmes, en raison de différences anatomiques et environnementales
- Les vrais facteurs à surveiller : antibiotiques, stérilet, exposition prolongée en piscine, déséquilibres hormonaux et digestifs
Mon partenaire m'a-t-il transmis ma mycose vaginale ?
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