Mycose vaginale ou vaginose ? Comment l'odeur fait toute la différence
Pas d'odeur ou odeur de poisson pas frais ? Découvre pourquoi l'odeur est le critère numéro un pour différencier une mycose vaginale d'une vaginose bactérienne, et pourquoi se tromper de diagnostic peut aggraver la situation.


Melisande
Fondatrice de Reflet 🫶
Publié le27.06.2026
Modifié le10.07.2026
Pourquoi l'odeur est le marqueur le plus fiable
Tu as des pertes inhabituelles, peut-être des démangeaisons, et tu te demandes ce qui se passe vraiment. Une question simple, mais cruciale, peut déjà t'orienter avant même de voir un médecin : est-ce que ça sent quelque chose d'inhabituel, ou pas du tout ?
D'après Delphine Guilloux, naturopathe spécialisée dans les troubles intimes féminins depuis 8 ans et plus de 2 000 patientes accompagnées, l'odeur est précisément le critère qui permet de s'auto-évaluer avant de consulter, et de comprendre si on a affaire à une mycose (infection fongique) ou à une vaginose (infection bactérienne). Ce n'est pas un détail anecdotique : ça change complètement la nature du traitement nécessaire.
Pour comprendre pourquoi l'odeur est si déterminante, il faut comprendre ce qui se passe réellement dans chacune de ces deux situations.
Une mycose vaginale est causée par un développement anormal d'un champignon, le plus souvent le candida albicans (il existe d'autres candidats plus rares, comme le glabrata, mais l'albicans représente la grande majorité des cas). Ce champignon fait partie de la flore vaginale normale de toute femme, en quantité réduite. Quand un déséquilibre survient, il prolifère.
Une vaginose, en revanche, est une invasion bactérienne, généralement causée par une prolifération de Gardnerella vaginalis et d'autres bactéries anaérobies, au détriment des lactobacilles protecteurs.
C'est cette différence fondamentale entre champignon et bactérie qui explique la différence d'odeur. Les bactéries impliquées dans la vaginose produisent des composés aminés volatils qui dégagent une odeur caractéristique. Les champignons, eux, ne produisent généralement pas ce type de composé odorant.
La règle simple à retenir, formulée par Delphine Guilloux : si c'est des bactéries, ça sent mauvais.
Les odeurs précisément : ce que tu dois chercher
L'odeur typique d'une vaginose
C'est souvent décrite comme une odeur de poisson pas frais, parfois aussi appelée "odeur d'amine". Cette odeur est retrouvée dans environ 90% des cas de vaginose bactérienne selon les données de microbiologie médicale. Elle est généralement perceptible directement, sans avoir besoin de "chercher", souvent plus marquée après un rapport sexuel (le contact avec le sperme, qui est alcalin, accentue temporairement cette odeur), et associée à des pertes d'aspect grisâtre et homogène (contrairement aux pertes blanches et plus épaisses de la mycose).
Si tu reconnais cette odeur, l'orientation diagnostique penche fortement vers une vaginose, et non une mycose.
L'absence d'odeur particulière : signe de mycose probable
À l'inverse, une mycose vaginale ne s'accompagne généralement pas d'odeur particulière. Les pertes sont décrites comme blanches, plus épaisses, parfois comparées à un aspect "lait caillé". Ce n'est pas désagréable au sens olfactif, même si ça peut être inconfortable physiquement (démangeaisons, irritation).
C'est un point que beaucoup de femmes ne savent pas distinguer clairement : on associe parfois (à tort) "infection vaginale" à "mauvaise odeur" de façon systématique, alors que la mycose, l'une des infections vaginales les plus fréquentes, n'a justement pas d'odeur marquante dans la grande majorité des cas.
Les autres symptômes à observer en complément de l'odeur
L'odeur est le critère le plus distinctif, mais elle s'accompagne d'autres éléments à observer pour affiner ton auto-évaluation, en attendant un avis médical.
Les pertes
Mycose : pertes blanches, plus épaisses, aspect parfois grumeleux (comparé au lait caillé). Vaginose : pertes plus liquides, d'aspect grisâtre, homogènes.
Les démangeaisons
Les démangeaisons peuvent accompagner les deux types d'infection, donc ce n'est pas un critère discriminant à lui seul. Important à savoir : on peut avoir une mycose uniquement avec des pertes, sans aucune démangeaison. L'absence de démangeaison ne signifie donc pas l'absence de mycose.
Le timing par rapport au cycle
Pour différencier des pertes liées à une infection de pertes physiologiques normales (notamment au moment de l'ovulation), il faut connaître un peu son cycle. Les pertes d'ovulation normales durent généralement 3 à 4 jours et s'arrêtent naturellement. Une mycose ou une vaginose, à l'inverse, ne s'arrête pas spontanément après quelques jours sans traitement adapté.
Le pH (mesurable uniquement en laboratoire)
Il n'existe pas de test simple à faire soi-même à la maison pour mesurer son pH vaginal de façon fiable. C'est un paramètre qui s'évalue en laboratoire, dans le cadre d'un prélèvement vaginal complet. Pour information : le pH normal et protecteur se situe entre 3,8 et 4,5. Il remonte naturellement pendant les règles (vers 5-6), ce qui explique en partie pourquoi les infections sont plus fréquentes à ce moment du cycle. Dans une vaginose, le pH dépasse généralement 4,5, parfois nettement.
Le test à la potasse : ce que font les laboratoires
Pour affiner le diagnostic d'une vaginose, les laboratoires de biologie médicale utilisent parfois un test spécifique : l'ajout d'hydroxyde de potassium (potasse) à 10% sur l'échantillon prélevé. Ce test fait ressortir ou intensifie l'odeur d'amine caractéristique de la vaginose si elle est présente, ce qui aide à confirmer le diagnostic au-delà de la simple observation clinique.
C'est l'une des raisons pour lesquelles un prélèvement vaginal en laboratoire reste la méthode la plus fiable : au-delà de ce que tu peux observer toi-même, certains tests complémentaires permettent un diagnostic plus précis.
Pourquoi se tromper de diagnostic est risqué
Ce n'est pas qu'une question de précision intellectuelle : se tromper entre mycose et vaginose a des conséquences concrètes sur le traitement, et donc sur la guérison.
Une mycose se traite avec un antifongique (qui agit contre les champignons). Une vaginose se traite avec un antibactérien (qui agit contre les bactéries).
Si tu utilises un traitement antifongique alors que c'est en réalité une vaginose, le traitement sera simplement inefficace : la vaginose persistera. Mais le scénario inverse est plus problématique : si tu utilises un traitement antibactérien (notamment un antibiotique) sur une mycose, la situation va s'aggraver. Les antibiotiques détruisent une partie de la flore protectrice, ce qui favorise justement la prolifération du champignon responsable de la mycose. Le symptôme va "flamber" au lieu de s'améliorer.
C'est pour cette raison que l'auto-évaluation par l'odeur, bien qu'utile pour s'orienter en attendant un avis médical, ne remplace jamais un vrai diagnostic confirmé par prélèvement, surtout en cas de doute ou de symptômes inhabituels.
Le score de Nugent : aller plus loin que le simple diagnostic mycose/vaginose
Au-delà de la distinction mycose/vaginose, un prélèvement vaginal en laboratoire fournit une information souvent négligée par manque de temps en consultation médicale classique : le score de Nugent, qui évalue la qualité globale de ta flore vaginale, indépendamment du diagnostic d'infection ponctuel.
Cette information complète l'évaluation par l'odeur et les symptômes : même en l'absence d'infection active confirmée, un score intermédiaire ou élevé indique un terrain fragilisé qui mérite attention, notamment si les épisodes se répètent.
Comment faire un prélèvement pour confirmer ton auto-évaluation
Si l'observation de l'odeur et des symptômes te donne une première orientation, la confirmation passe par un prélèvement vaginal, accessible par plusieurs voies : médecin généraliste, qui peut réaliser le prélèvement ou prescrire le test ; sage-femme, également habilitée à ce type de prélèvement ; auto-prélèvement en laboratoire d'analyse, sans ordonnance, généralement pour moins de 40€ selon les établissements (non remboursable par la sécurité sociale).
Cette confirmation est particulièrement importante si c'est ton premier épisode et tu n'as jamais eu de point de comparaison, si les symptômes sont inhabituels ou s'accompagnent de douleurs ou saignements, si un traitement précédent (antifongique ou antibactérien) n'a pas fonctionné (ce qui questionne le diagnostic initial), ou si les épisodes se répètent (4 fois par an ou plus), signe qu'une approche plus globale est nécessaire au-delà du traitement ponctuel.
Pour comprendre en profondeur les mécanismes derrière les mycoses récidivantes, l'inflammation, le lien avec la flore intestinale et l'approche naturopathique complète pour s'en sortir durablement, l'épisode vidéo intégral avec Delphine Guilloux est disponible ici : Mycoses vaginales : le traitement naturel expliqué par une naturopathe experte.
Ce qu'on retient
- L'odeur est le critère le plus fiable pour s'auto-évaluer avant un diagnostic médical : pas d'odeur particulière oriente vers une mycose, une odeur de poisson pas frais oriente vers une vaginose
- Cette odeur caractéristique de la vaginose (odeur d'amine) est présente dans environ 90% des cas, et souvent accentuée après un rapport sexuel
- Les démangeaisons peuvent accompagner les deux types d'infection : ce n'est pas un critère discriminant fiable à lui seul
- Se tromper de traitement (notamment utiliser un antibactérien sur une mycose) aggrave significativement la situation
- Un prélèvement vaginal en laboratoire reste la méthode la plus fiable pour confirmer le diagnostic et obtenir des informations complémentaires précieuses, comme le score de Nugent
Une mycose vaginale sent-elle mauvais ?
Le parcours dédié
Les programmes qui peuvent vous aider
On congèle nos ovocytes ?
Le Rubis, c'est le premier podcast dédié à la congélation d'ovocytes. Je réponds à toute vos question sur ce parcours, je m'interroge sur les impacts émotionnels de cette démarche et je vous donne les clés pour passer à l'action (ou pas), tant que c'est votre choix ! Si vous vous êtes posé la question "Est-ce que je devrais congeler mes ovocytes ?" une seule fois dans votre vie, Le Rubis est fait pour vous.
Je découvre le Rubis.png)


.webp)





.png)

