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Mycose vaginale à répétition (récidivante) : pourquoi ça revient et comment s'en sortir vraiment

Mycose vaginale qui revient tous les mois ? Découvre pourquoi les ovules seuls ne suffisent pas, le lien méconnu entre hormones, intestin et flore vaginale, et l'approche naturopathique qui aide vraiment à s'en sortir durablement.

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Mycose vaginale à répétition : comprendre et agir durablement
  • Melisande

    Melisande

    Fondatrice de Reflet 🫶

    Publié le  
    27.06.2026
    Modifié le  
    27.06.2026

Mycose occasionnelle ou mycose à répétition : où est la frontière ?

Tu en as déjà parlé à ton ou ta gynécologue. Tu as déjà essayé les ovules, peut-être plusieurs fois. Et pourtant, ça revient. Encore et encore, presque tous les mois. Tu commences à te dire que tu as "tout essayé" et qu'il n'y a plus rien à faire.

C'est exactement ce qu'entend Delphine Guilloux, naturopathe spécialisée dans les troubles intimes féminins depuis près de 8 ans, qui a accompagné plus de 2 000 femmes sur ce sujet précis. Sa réponse est claire : on y arrive toujours. Ça peut juste prendre plus de temps que prévu, parce que la mycose récidivante n'a presque jamais une seule cause.

Premier repère essentiel : 75% des femmes vont faire une mycose au moins une fois dans leur vie. C'est banal, bénin, et dans 70% des cas, un traitement classique (ovule, crème) suffit et on n'en entend plus parler.

On parle de mycose à répétition, ou récidivante, à partir de 4 épisodes par an. C'est cette fréquence qui change complètement la prise en charge. Ce n'est plus un épisode isolé à traiter ponctuellement : c'est un déséquilibre de fond qu'il faut comprendre et corriger.

La nuance importante ici : si tu as une mycose occasionnelle (une fois tous les deux ou trois ans par exemple), le bon réflexe reste ton gynécologue ou ta gynécologue, avec un traitement antifongique classique. Si tu es dans le cas de la récidive mensuelle ou presque, c'est une approche différente, plus globale, qui devient nécessaire.

Pourquoi les ovules répétés ne suffisent pas (et peuvent aggraver les choses)

C'est le piège le plus fréquent. Devant une mycose qui revient, le réflexe médical naturel est de redonner un ovule, puis un autre. Le problème : cette approche traite le symptôme à chaque épisode sans jamais s'attaquer à la cause du déséquilibre.

Pire : à force de traitements répétés, la muqueuse vaginale s'irrite. Delphine Guilloux utilise une image parlante : c'est comme un potager. Si on n'y touche pas, les plantes poussent bien. Si on le piétine sans arrêt, plus rien ne pousse correctement. La muqueuse, c'est le terrain qui doit accueillir une flore vaginale saine. Des traitements trop fréquents finissent par l'abîmer, créant des symptômes (pertes, démangeaisons) qui ne sont même plus liés à une vraie mycose, mais à cette irritation chronique.

C'est pour ça qu'une femme peut parfois avoir l'impression d'enchainer les mycoses, alors que ses prélèvements reviennent normaux. Le problème s'est déplacé : ce n'est plus une infection à traiter, mais un terrain à réparer.

Les vraies causes derrière une mycose récidivante : c'est multifactoriel

Il n'existe presque jamais une seule explication. Voici les facteurs qui reviennent le plus souvent, et qui s'entrecroisent.

Le déséquilibre hormonal

Les œstrogènes jouent un rôle direct dans l'équilibre du pH vaginal. C'est pourquoi les mycoses sont plus fréquentes : la semaine avant et la semaine après les règles (le pH remonte de 3,8-4,5 à 5-6 pendant les règles), en périménopause et à la ménopause avec la chute d'œstrogènes et la sécheresse vaginale qui l'accompagne, et chez les femmes avec un SOPK, en lien avec l'excès de testostérone.

L'inflammation chronique et le lien avec l'intestin

C'est un point central, encore peu connu : la flore vaginale dépend directement de la flore intestinale. Des études ont établi un lien entre l'endométriose (maladie inflammatoire) et un risque accru de mycoses, notamment parce que l'endométriose s'accompagne presque systématiquement de troubles digestifs.

Le signe d'un déséquilibre de la flore intestinale (dysbiose) : troubles digestifs, fatigue chronique, sensation de brouillard mental, parfois une irritabilité liée à l'impact sur le système nerveux.

L'axe intestin-cerveau et le stress

Le stress chronique épuise les réserves en minéraux de l'organisme (notamment le magnésium), nécessaires à la fabrication des neurotransmetteurs comme la dopamine et la sérotonine. Ce déséquilibre fragilise l'équilibre acido-basique, abîme la muqueuse intestinale (porosité intestinale), et se répercute en cascade sur la flore vaginale.

Les antécédents qu'on ne pense pas toujours à mentionner

Delphine Guilloux pose systématiquement la question des troubles du comportement alimentaire, notamment les périodes d'anorexie avec épisodes de vomissements. Ces antécédents, même anciens (parfois des années après), ont un impact durable sur la flore intestinale et donc vaginale. Un changement de partenaire récent peut aussi être un déclencheur (pas une cause), parce qu'il s'agit de gérer une flore bactérienne étrangère quand un déséquilibre préexiste déjà.

Le score de Nugent : l'élément que ton gynéco ne regarde peut-être pas

Voici une information clé, souvent négligée : sur un prélèvement vaginal, il existe un score appelé score de Nugent, noté de 0 à 10, qui évalue la qualité de ta flore vaginale (et pas seulement la présence ou l'absence de mycose/vaginose).

Score de NugentInterprétation
0 à 3Bonne flore
3 à 6Flore intermédiaire (alerte)
6 à 10Flore dégradée à absente

Plus le score est élevé, moins la flore est bonne. Cette flore est composée de lactobacilles (Crispatus, Rhamnosus, et d'autres souches), que Delphine Guilloux appelle "les gardiennes du temple". Ce sont elles qui fabriquent le glycogène nécessaire au maintien d'un pH vaginal acide (3,8 à 4,5), véritable barrière naturelle contre les mycoses et vaginoses.

De nombreux gynécologues, par manque de temps ou de formation spécifique sur ce point, se concentrent sur le diagnostic mycose/vaginose sans regarder ce score. C'est pourtant une information essentielle pour comprendre une situation récidivante : si ton score de Nugent est dégradé, ce n'est pas en traitant juste l'épisode aigu qu'on règle le problème de fond.

Le bon réflexe : demande systématiquement ton score de Nugent lors de ton prochain prélèvement vaginal.

L'approche naturopathique : comment on reconstruit un équilibre durable

Face à une mycose récidivante, l'approche naturopathique ne consiste pas à proposer un remède miracle, mais à reconstruire méthodiquement plusieurs piliers en parallèle.

L'alimentation : limiter sucre et levures

C'est la base. Pas de suppression totale, mais une vraie limitation de deux familles : le sucre, qui nourrit directement le candida albicans (le champignon responsable de la grande majorité des mycoses), et les levures, y compris cachées : pain industriel (privilégier le pain au levain, qui contient des bonnes bactéries plutôt que des levures), bière, fromages à moisissures, peau des charcuteries.

En parallèle, une alimentation anti-inflammatoire riche en légumes frais, en bonnes protéines (poissons, œufs, viandes blanches), et en oméga 3 (sardines, maquereaux, anchois) aide à limiter l'inflammation de fond qui entretient le déséquilibre.

Les compléments antifongiques naturels

Pour les cas de candidose digestive avérée (signes : envies de sucre intenses, fatigue, brouillard mental, langue blanche au réveil), des compléments à base d'ingrédients naturellement antifongiques peuvent être utiles : écorce de feuilles d'olivier, Lapacho, acide caprylique (huile de coco), extrait de pépin de pamplemousse.

Un point scientifique intéressant : les champignons (comme les bactéries) forment des biofilms pathogènes, des structures protectrices qui leur permettent de résister aux traitements. L'écorce de feuilles d'olivier est notamment connue pour s'attaquer à ces biofilms, ce qui explique en partie pourquoi certains traitements répétés échouent alors que d'autres approches plus ciblées fonctionnent.

Ces protocoles se déroulent généralement sur 3 à 6 mois, parfois plus pour des situations installées depuis des années.

Les probiotiques ciblés

Les probiotiques par voie orale, avec des souches spécifiques (Crispatus, Rhamnosus), peuvent aider à rééquilibrer la flore vaginale. Une nuance importante : s'il y a des troubles digestifs importants non traités en parallèle, leur efficacité sera limitée. Il faut traiter les choses dans l'ordre.

Le style de vie au quotidien

Plusieurs ajustements simples mais réels : vêtements respirants, pas trop serrés, surtout pendant le sport (éviter le synthétique) ; dormir sans culotte (chemise de nuit ou short) pour laisser la zone respirer pendant la nuit, où la transpiration est importante même en hiver ; toilette à l'eau claire en priorité, savon à pH neutre maximum 2 à 3 fois par semaine (jamais de savon de Marseille, dont le pH est trop élevé).

Combien de temps pour s'en sortir ?

C'est la question que Delphine Guilloux ne peut jamais répondre de façon universelle : chaque situation est différente. Certaines femmes voient une amélioration en quelques semaines, d'autres ont besoin de plusieurs mois de travail sur les différents piliers (alimentation, flore, hormones, stress).

Un facteur souvent sous-estimé : le poids émotionnel de la mycose récidivante elle-même. Le stress et l'anxiété qu'elle génère deviennent un facteur aggravant supplémentaire, créant un cercle qu'il faut aussi apprendre à désamorcer. Accepter la situation, sans se résigner, fait paradoxalement partie du chemin vers s'en libérer.

Quand consulter, et qui consulter

Mycose occasionnelle, isolée : gynécologue ou médecin généraliste, traitement antifongique classique.

Mycose récidivante (4 fois par an ou plus) : demande un prélèvement vaginal systématique avec score de Nugent, et envisage un accompagnement naturopathique en complément du suivi médical.

Composante émotionnelle importante : un accompagnement psychologique peut être complémentaire et précieux.

Pour une vision complète et incarnée de cette approche, l'épisode complet de Delphine Guilloux est disponible en vidéo : Mycoses vaginales : le traitement naturel expliqué par une naturopathe experte. Plus de 2 000 femmes accompagnées, une expertise rare en France sur ce sujet précis.
En bref

À partir de combien de mycoses par an parle-t-on de mycose récidivante ?

On parle de mycose vaginale à répétition, ou récidivante, à partir de 4 épisodes par an. En dessous de cette fréquence, il s'agit d'épisodes occasionnels qui se traitent ponctuellement avec un antifongique classique prescrit par un médecin. Au-delà, une approche plus globale, qui prend en compte l'alimentation, les hormones, la flore intestinale et le stress, devient pertinente.

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